Appel pour un rappel
Préparons sereinement le 150e anniversaire de l'Annexion
Dans un pays et une société qui adorent les commémorations, il sera impossible en 2010 d'éviter le rappel de l'Annexion de la Savoie à la France de 1860 (150 ans déjà). Quatre ans nous séparent de cette échéance et pour le moment rien ne bouge d'autant que les perspectives électorales des deux années à venir semblent accaparer et paralyser toutes les énergies, ce qui ne veut pas dire que personne n'y pense, bien au contraire, le pouvoir de certains ne dépendant en fait que de la faiblesse de l'opinion.
Il importe donc que les sociétés savantes et toutes les personnes sensibles à l'intérêt de l'histoire prennent conscience de cette perspective pour manifester enfin leur rôle, leurs activités et leurs souhaits.
Il est en effet nécessaire d'éviter :
1°/ de prendre du retard en attendant le dernier moment, ce qui serait la porte ouverte à toutes les imprudences ;
2°/ de répéter ce qui s'est passé en 1960. La célébration marqua alors le réveil des études historiques sur la Savoie et l'ouverture de cette dernière au grand tourisme en ne cessant de rappeler la "chance" du duché d'être devenu "enfin" français. Tout ceci étant acquis, prenons en acte, ce qui n'est déjà pas mal, mais ne revenons pas là dessus ;
3°/ de confier la charge unique de l'organisation à venir à des techniciens de la culture et à des personnalités extérieures qui, nous en avons l'habitude, invoqueront leur compétence et leur interdisciplinarité à leur seul profit et prouveront une fois de plus notre incapacité de "Savoyards locaux" à toute entreprise intelligente d'envergure pour mieux imposer leur propre perspective. Il serait aberrant que l'on vienne nous parler de notre histoire en nous révélant de fait notre propre faiblesse intellectuelle et matérielle comme cela s'est déjà pratiqué toutes ces dernières années ;
4°/ de se prêter aux excès en tous genres aussi bien de la part des intellectuels tentés par l'isolement scientifique que de celle des politiques tentés par le localisme ou des "spécialistes" en communication ou en affaires, eux aussi tentés par une facile réussite publicitaire ou matérielle.
Cet anniversaire doit être le fait de toute la Savoie, celle du nord comme celle du sud, de la plaine comme de la montagne, de Savoyards d'origine et de ceux d'adoption, de droite ou de gauche, jeunes ou "plus mûrs", érudits, curieux ou simplmeent intéressés.
Sachons montrer que les historiens (de toute origine)
peuvent être capables et responsables
réfléchir sur ce qu'est vraiment la Savoie en 2010,
intéresser l'opinion sur l'évolution ancienne et récente de la Savoie,
concilier l'érudition, l'utilité et le plaisir. |
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Suite à cet appel, une douzaine de sociétés d'histoire se sont réunies pour s'organiser durablement en vue de l'anniversaire de 2010.
Elles ont affirmé leur volonté de profiter de cette occasion pour affirmer leur compétence et leur souci de travailler avec efficacité à cette commémoration dont le principe est fondamentalement historique.
Elles ont déjà énoncé quelques principes fondamentaux :
- rester en liaison avec tous les responsables politiques et adiministratifs qui s'intéressent à ce projet ;
- veiller à ce que cette commémoration rappelle exactement le déroulement de cet événement capital du Second Empire et que l'opinion semble avoir oublié ;
- bien rappeler comment la Savoie a su et pu évoluer depuis 1860 dans le cadre français ;
- profiter de l'occasion pour monter que la Savoie appartient aussi fondamentalement au monde alpin, qu'elle a toujours eu de fortes relations avec ses voisins helvétiques, valdôtains, piémontais et dauphinois et donc montrer que la célébration de l'Unité nationale n'empêche pas bien au contraire d'énoncer notre volonté et notre plaisir d'être Européens (il faudrait veiller dans ces conditions à alerter Bruxelles sans trop tarder) ;
- s'engager à ce que les manifestations de l'anniversaire couvrent toute la Savoie (des manifestations de caractère différent pourront être organisées dans tous nos centres et de ce fait même proposées à nos voisins que nous associerons à nos initiatives) ;
Dans cette perspective franco-italienne, ne pas oublier que pour nos voisins piémontais, les dates importantes commencent en 1859 (Guerre d'Indépendance où, avec l'aide française, les Piémontais chassent les Autrichiens de l'Italie du Nord) et se terminent en 1861 (organisation de l'Unité italienne pendant que la Savoie s'intègre à la France, cette divergence n'empêchant pas le maintien de relations vieilles déjà de plusieurs siècles...).
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